Coke en stock
Pour Hergé, Coke en stock débuta par une coupure de presse. L’esclavage existait toujours, apprit-il, et cette information, reliée à son vieil intérêt pour le trafic d’armes, allait lui fournir le point de départ de l’intrigue. Cette dix-neuvième aventure de Tintin est une sorte de continuation de Tintin au pays de l’or noir. C’est surtout l’occasion pour Hergé de faire revenir un grand nombre de personnages issus d’épisodes antérieurs
C’est ainsi que l’on retrouve :
- l’émir Ben Kalish Ezab et son fils Abdallah,
- le général Alcazar,
- Dawson, l’ancien chef de la police de la Concession internationale de Shanghai dans Le Lotus bleu,
- le docteur Müller, cette fois sous le nom de Mull Pacha, et qui était apparu dans L’Ile noire et revenu dans Tintin au pays de l’or noir,
- le lieutenant Allan, découvert dans Le Crabe aux pinces d’or et qui aimerait bien voir Haddock retomber dans son ivrognerie d’autrefois,
- Rastapopoulos dont Hergé complète et affine le portrait.
- Lampion
- La Castafiore
- et le Senor Oliveira da Figueira
Extrait du livre de Benoît Peeters, Le Monde d’Hergé, éditions Casterman.
31 mai 2006 à 8:50 pm
Un des meilleurs albums de Hergé. La technique de la fugacité employée pour escamoter tout contact direct entre Tintin et maints personnages de son passé est époustouflante. Elle me fait penser à celle, développée par Henri Vernes dans son roman “Les Sosies de l’Ombre Jaune”.
S’agissant des imbéciles accusations de racisme dont Hergé à eu à souffrir à maintes reprises, elle a pris dans en l’occurrence une dimension inédite. On ne peut que regretter qu’Hergé ait eu la faiblesse d’y céder !
Particulièrement regrettable est le remplacement de la savoureuse exclamation du Capitaine Haddock “Bougre de Zouaves à la noix de Coco” par l’inepte “Bougre d’ectoplasme à roulettes” !
26 janvier 2007 à 1:04 am
“S’agissant des imbéciles accusations de racisme dont Hergé à eu à souffrir à maintes reprises, elle a pris dans en l’occurrence une dimension inédite. On ne peut que regretter qu’Hergé ait eu la faiblesse d’y céder !”
” Imbéciles accusations de racisme” ? “La faiblesse d’y céder” ?
Certains passages des BD de Hergé bavent d’un racisme concidéré comme normal à l’époque. Cf “Tintin au Congo” (Congo belge !). si la BD était sortie aujourd’hui, elle n’aurait pas fait long feu dans les librairies.
Hergé avait peut-etre du talent, mais il était raciste, comme l’immense majorité des européens de son temps. Votre intervention en montre des traces encore bien vives.
1 février 2007 à 12:13 pm
Bravo pour le site.
Toutefois il est écrit : “le lieutenant Allan, découvert dans Le Crabe aux pinces d’or”. Allan apparaît en réalité dans “Les cigares du pharaon”.
Salut
4 janvier 2008 à 3:51 pm
Je vous invite à lire “Hergé” de Pierre Assouline publié chez Plon déjà en 96 mais sorti en folio depuis.
Cet ouvrage éclaire les méandres de la création chez Hergé et nous en apprend beaucoup sur les années noires de l’auteur ainsi que son amitié profonde, entière, honnête et pourtant son amitié partagée avec Léon Degrelle fondateur du parti rexiste (pendant du parti faschiste italien) et qui sera quelques années plus tard au service des nazis.
En ce qui me concerne je partage l’idée de Kader sur le racisme ambiant à l’époque des premiers Tintin où l’européen moyen était certain de la supériorité de son esprit sur celui des autres peuples. Rappelez-vous que lorsque Tintin parcourait la savane congolaise en même temps on exposait des villages entiers de noirs derrière des grillages à Paris.